Gestion du pouvoir, gestion de groupe. Intervention de Karl Heinz Bittl les 24 et 25 mai 2011

Publié le par blogfeve.over-blog.fr

J'ai particulièrement apprécié cette intervention. Je crois qu'elle m'a "réveillée"! J'ai aimé le regard amusé de Karl, sa joie, sa présence qui m'ont mis dans les dispositions idéales pour apprendre.

Cette intervention a commencé par une question : qui dirige dans ce groupe, qui a le pouvoir ? Question étrangement restée sans réponse...
Nous avons fait un premier exercice dans lequel nous avons dessiné deux situations de pouvoir où nous étions impliqués, et je me suis rendue compte à quel point j'avais une conception négative du pouvoir, bien plus liée à la notion de contrainte que de responsabilité. J'ai redécouvert qu'il existe une conception horizontale du pouvoir, qui peut être juste et nécessaire.
Un autre exercice dans lequel par deux, l'un des deux se mettait en situation d'avoir le pouvoir pendant dix minutes a fait ressortir très nettement que nous avons culturellement une conception verticale du pouvoir, et la consigne " avoir le pouvoir" a souvent été traduite par "avoir le pouvoir sur l'autre". Quand notre conception culturelle du pouvoir diffère de celle à laquelle on aspire, il y une sorte d'interférence au niveau du mental, et la passivité se crée. Elle se traduit par: ne rien faire, agir pour agir sans aucun sens, entrer en violence contre ou se "suradapter" (avec compromis ou contre-ordre).
Le lendemain, nous avons partagé en petit groupe des expériences personnelles où nous avions été "dominants" et "dominés". Ce partage a été riche pour moi et porteur de clarté !
Dans l'exercice final de l'après-midi, le groupe avait un objectif : entre deux arbres une corde à hauteur d'épaule était tendue, notre mission était que chacun passe de l'autre côté par dessus la corde, sans la toucher, sans aucune aide d'objets extérieurs, et cela en une heure.
Il y a eu des moments de parole, d'écoute, d'essais acrobatiques, et puis finalement après qu'une personne ait décidé de se retirer de l'expérience car elle choisissait de ne pas assumer la responsabilité qu'entrainait la direction prise par le groupe, d'autres ont hésité, se sont découragés et ont aussi choisi d'arrêter, nous avons alors pris du temps pour parler, écouter, préserver l'unité dans le groupe et l'exercice s'est arrêté là : nous avons privilégié la relation, mais n'avons pas atteint l'objectif. Voila peut-être où en est le groupe fève actuellement, beaucoup de travail a été effectué au niveau de la communication, maintenant la question se pose : comment avancer concrètement  tout en étant à l'écoute de chacun ? Comment trouver l'équilibre entre objectif et relation ? La théorie de Karl est qu'un groupe a besoin d'un leader (rôle informel qui se crée naturellement) qui crée l'impulsion, qui envoie l'énergie nécessaire au mouvement du groupe. Manquons-nous d'un leader au sein du groupe Fève ?
Cette intervention m'a beaucoup interpellée et m'amène à me poser ces questions : comment rester présent à la "vie vibrante de vie" dans la pratique de la non-violence ? Comment pratiquer la CNV sans tomber dans la neutralité et la tiédeur ? Comment s'écarter de cette tendance à vouloir "gommer" les aspérités ? Comment garder ce pétillement de vie, profiter de l'énergie spontanée et des richesses de chacun tout en étant dans le respect, l'écoute profonde, la paix ? Comment créer ensemble ?...

Merci

Solène
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Publié dans Interventions

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