Violence et Non-violence. Intervention de Jean-Marie Muller le 16 février 2011

Publié le par blogfeve.over-blog.fr

PHILOSOPHIE DE LA NON-VIOLENCE

1) Introduction
Après avoir beaucoup travaillé sur soi, sur nos émotions, notre vécu, nos relations aux autres (CNV, Gestion des conflits ...), l'intervention de Jean-Marie Muller, philosophe français, spécialiste de Gandhi et de la non-violence, suite à celle de Bernard Ginisty, ont été l'occasion de mettre un peu de côté notre intelligence émotionnelle et de faire fonctionner de nouveau notre bon vieil intellect !!! ... Comme au bon vieux temps : au lycée ou à l'université ... 
Un cours de philo, avec un intervenant passionné et passionnant, qui s'adressait à notre petit groupe comme si nous étions un amphithéâtre de 200 personnes ! Quel coffre, cet homme, quelle énergie, quel parcours ! Je vous conseille d'aller faire un petit tour sur sa biographie ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Muller ).
Je vais tenter de ne pas vous refaire son cours ici ... il a écrit de nombreux bouquins sur le sujet si vous souhaitez approfondir, je ne vais que vous retranscrire quelques citations qui m'ont particulièrement touchée ...
Non-violence = terme proposé par Gandhi, vient du mot sanscrit : A-himsa, A=non et himsa=désir de violence qu'il y a en chacun quand quelqu'un approche ; a-himsa = négation de ce désir de violence, nécessite une prise de conscience de cette inclinaison à la violence en nous.
2) Définitions
Pour parler de non-violence et de violence, il est nécessaire de définir : conflit, agression, lutte, force.
L'être humain est un être de négation, il existe lorsqu'il dit non à l'autre, car ainsi il se dissocie de l'autre. Cette relation à l'autre est donc dans un premier temps une relation de conflit, nécessité pour se définir en tant qu'individu de se séparer de l'autre, de poser les limites de son espace personnel, de son territoire. Le premier sentiment face à l'autre est un sentiment de rejet, de peur. Avouons ce sentiment de peur, afin de prendre conscience de nos limites ; il est important d'accueillir cette peur, de l'accepter afin de canaliser cette énergie mobilisée afin d'en faire quelque chose de positif.
Agressivité : vient du latin Ad-gradi = avancer vers, avancer vers l'autre = nécessaire pour ne pas être résigné, ne pas rester assujetti. La "victime" avance vers son "bourreau", importance de faire preuve d'agressivité pour rompre la relation "victime-bourreau" .
Luttes, force : Nécessaire pour avancer vers plus de justice et d'égalité, car la résignation ne permet pas d'avancer, de changer.
La dialogue n'est pas toujours suffisant face à l'injustice : Convaincre si possible, contraindre si nécessaire. Mais soulignons l'importance d'utiliser des moyens de lutte pacifistes : seatting, grève, boycott ... Car "La fin est dans les moyens comme l'arbre dans la semence" (Gandhi)
3) Violence
Maintenant nous pouvons définir ce qu'est la violence : c'est le viol de la Vie, c'est un processus de mort.
Violence = viol de la dignité de l'humanité de l'autre ; et c'est aussi le viol de la dignité de l'humanité de celui qui utilise la violence. Celui qui utilise la violence est la première victime de cette violence.
On ne parle pas de violence pour les animaux qui tuent par nécessité (manger, se défendre ...) ; la violence dont on parle est propre à l'homme, car il est conscient, libre et responsable, capable de surmonter la loi de la nécessité.
La violence ne peut pas être justifiée, car la justification de la violence enlève tout frein et permet le déferlement de la violence. 
Etymologie de "méchant" = la même que "malchanceux" : chance et choir ont la même origine ; on peut dire que le méchant est malchanceux, il est mal-tombé tout simplement ... ce peut être n'importe qui, même moi ... : ne pas juger l'autre car ce pourrait être soi, en jugeant l'autre on se juge soi-même ...
La violence n'est jamais légitime, le "non" de non-violence est un non de dé-légitimisation et de résistance à la violence, ayons le courage de ne pas justifier nos violences ... 
4) Non-violence
"S'efforcer de devenir tel qu'on puisse être non-violent" Simone Weil ... faire de son mieux, étudier les possibilités de la non-violence, individuellement et socialement.
"La non-violence parfaite est l'absence totale de malveillance à l'encontre de tout ce qui vit" Gandhi
On peut alors dire que la non-violence active est la bienveillance active à l'égard de tout ce qui vit ...
"Tu ne tueras point" ... premier des 10 commandements ... et principe de base de toutes les sagesses ... d'où l'importance de mettre la non-violence au premier rang des vertus théologiques ... Importance de trouver la paix intérieure et d'être en paix avec autrui ... Attention à ne pas rester prisonnier de la "morale de conviction" ni de la "morale de l'action" : Trouver l'équilibre !
Et qu'est ce que la Bienveillance ?
La référence universelle, qui se retrouve dans toutes les sagesses, est la Règle d'Or : Ne fais pas à l'autre ce que tu ne veux pas que l'autre te fasse ...

Laurence
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