Visite d'Ardelaine

Publié le par blogfeve.over-blog.fr

 

Salut les amis !

 

Aujourd'hui, nous publions un article qui nous a été envoyé par Benoît (première promotion de la Fève), sur "Ardelaine".

Cet article fait suite à la visite de cette SCOP par la première génération de Fêv-euses-eurs, le 16 Décembre 2010 !

 

Merci à Benoît pour ce beau cadeau ! Bonne lecture et à bientôt !


Ardelaine est située à St Pierreville, au coeur du Parc Naturel Régional des monts d' Ardèche.

C' est une société coopérative ( scop) qui a pour vocation de témoigner du travail de la laine depuis la tonte des brebis jusqu' à la fabrication de produits issus de cette laine. Le lieu dispose ainsi d' ateliers ainsi que d' un musée mais aussi d' un restaurant, d' un café-librairie et d' une boutique à destination des visiteurs. Le lieu est au bord d' une rivière. Les bâtiments anciens sont en pierre ( moulins ). Un nouveau bâtiment en bois a été construit aux normes HQE.

Notre visite s' est déroulée en plusieurs temps. Il a d' abord fallu faire la route à travers la nature magnifique ardéchoise. Arrivés sur les lieux, nous avons eu un premier moment de rencontre avec les fondateurs, Gérard et son épouse, pour un historique de cette aventure. Puis nous avons entrepris la visite du lieu, principalement les ateliers de transformation. Après un repas copieux et succulent, nous avons enchaîné sur la visite du musée consacrée à l' histoire de la laine et du mouton. Après un dernier moment consacré à des questions-réponses, nous avons terminé par quelques achats à la boutique et à la librairie. Retour à Saint-Antoine après une journée bien chargée et enrichissante.

 

Historique: Ardelaine, une histoire de fils et de tricotage !

 

1972: découverte du site. C' était une ancienne filature qui tombait en désuétude. Gérard tissait déjà et il aimait le patrimoine. Il avait aussi envie de quelque chose de collectif. Huit personnes motivées au départ. Création du collectif qui décide de la réhabilitation du lieu autour du travail de la laine.

Dans le même temps, des personnes découvrent le site du Viel Audon, à Balazuc. Le village tombé en ruines est reconstruit en organisant des chantiers de jeunes.

Pendant 7 années, ils préparent le projet, achètent du matériel et se forment.

Et toute une réflexion se met en place:

. Réorganiser une micro-société

. Faire un maillage de personnes

. Refaire le fil ( Gandhi ? )

. Dépenser le moins possible

. Mutualiser les moyens ( voitures, alimentation )

. Vie en autarcie: ils élèvent cochons, lapins et font un potager.

 

Certains travaillent ( orthophonistes, instituteurs, intérim en bâtiment ), d' autres restaurent le lieu.

Ils commencent l' exploration de la filière laine à travers des lectures, des rencontres et la tonte des moutons.

Ils se confrontent à une problématique globale quand on restructure toute une filière:

. Faire de l' équitable Nord-Nord

. Problèmes chimiques liés au traitement. Ils visent une approche écologique, pratique vivante reliée à l' homme, au social, à la proximité.

 

1978: rencontre avec des éleveurs.

 

1981: ils commencent la fabrication de matelas de laine. Avant, la filature était destinée aux habitants des environs, dans un rayon de 50 km et ils disposaient d' un moulin à blé. C' était encore une vision artisanale et non industrielle.

Aussi, les protagonistes décident de restructurer une filière laine locale plutôt que de rester au stade d' une simple filature. Ils tondent, tissent et commercialisent en circuit court.

Ainsi, ils re-créent une économie locale, revitalisent le territoire et participent aux marchés locaux.

 

1982: premier choix stratégique:création de la SCOP ( Société Coopérative de Production ). Il y a 16 coopérateurs.

 

Ils commencent la fabrication de matelas et de couettes en laine et la revente de tricots.

 

1986: Ils se questionnent sur la fabrication de vêtements. Ils acquièrent alors des machines industrielles et installent finalement un atelier de confection de vêtements dans une ZUP de Valence pour le développement local dans le quartier ( une autre ruine encore, sociale et économique celle-là !).

Marre de faire de la route dans toute l' Europe pour vendre leurs produits, ils décident, deuxième choix stratégique, de créer un musée de la laine et du mouton. Il y a 20000 visiteurs par an dès les premières années. Ils développent aussi une boutique et la vente par correspondance.

 

En 1990, la structure compte 30 salariés.

 

2010: troisième choix stratégique. Voulant aller toujours plus loin et se diversifier dans les activités pour se développer, ils créent un restaurant: La cerise sur l' agneau (!) , ainsi qu' un atelier de transformation de produits alimentaires avec des produits locaux.

Ils projettent aussi la création de jardins dans des zones foncières de Valence dans la continuité de l' atelier de vêtements.

 

Au final, ils ont retrouvé les fils et les ruines et refait du tricotage et du maillage !

 

Visite des ateliers de fabrication:

 

Nous avons pu découvrir le stock de laine impressionnant !

Une personne conçoit les matelas, une autre fabrique les sommiers.

D' autres ateliers travaillent avec de vieilles machines du début du siècle.

 

Restauration ! Je garderai juste en mémoire les châtaignes qu' on nous a servi en apéritif; sans aucun doute les meilleures que j' ai jamais mangées !

 

Visite du musée : nous avons visité une partie seulement du musée consacré à 'la laine en révolution', en référence à la période de la révolution industrielle. J' ai retenu l' influence du protestantisme : ' le travail produit de la vertu ' ainsi que l' idée suivante: l ' homme était d' abord une machine avant de la fabriquer.

 

Conclusion finale:

 

J' ai recopié quelques phrases inscrites en mode graffiti sur l' un des murs extérieurs d' un atelier et qui résument bien la philosophie voulu par Ardelaine:

 

' Ils ne savaient pas que c' était impossible, alors ils l' ont fait ! '

' Tisser des liens qui donnent chaud au coeur '

' Revenons à nos moutons ! '

 

J' ai été touché par le site en lui-même, l' accueil, la dynamique ( sensation de mouvement, de diversification, économie locale, tissage local ), le rapport à la Terre et la fabrication de belles choses avec matériaux nobles et durable dans un esprit équitable.

Petit bémol: les produits restent assez chers et un employé du restaurant m' a fait part de ses critiques sur l' aspect devenu trop entreprenarial de cette scop ( très structuré, volonté de toujours plus grandir au détriment de l' humain ).

 

A vous de vous faire votre avis !

Pour compléter ce compte-rendu succinct, je vous renvoie à leur site internet: www.ardelaine.fr

 

Benoît

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Publié dans Visites

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